Le terrorisme

Les victimes d’acte de terrorisme ou leurs proches peuvent être indemnisés par le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI).

Si la victime est décédée, ses proches peuvent être indemnisés de leurs préjudices moraux et économiques.

Les dommages liés à un acte de terrorisme sont intégralement indemnisés par le FGTI.

Si vous êtes dans cette situation et que vous souhaitez obtenir une indemnisation, vous devez en faire la demande.

Après étude de votre dossier, le FGTI prend une décision.

Vous pouvez l’accepter ou la contester devant le Juge d’indemnisation des victimes d’attentats terroristes (JIVAT) auprès du Tribunal judiciaire de Paris.

Le médiateur du FGTI contrôle la qualité de la procédure.

L’indemnisation versée par le FGTI est cumulable avec celle d’une assurance individuelle-accident ou d’une assurance-vie.

Qui peut être indemnisé par le FGTI ?

  • Pour les actes commis en France :

 Les victimes directes

 Toutes les victimes quelle que soit leur nationalité, peuvent être indemnisées par le FGTI.

Les victimes indirectes

 Les ayants droit de la victime directe à savoir : le conjoint, les enfants, les parents, les frères et sœurs, les grands-parents… peuvent également prétendre à une indemnisation notamment en cas de décès de la victime.

  • Pour les actes commis à l’étranger

 Les victimes directes

 Les victimes de nationalité française peuvent être indemnisées par le FGTI.

Les victimes indirectes

Les ayants droit de la victime directe à savoir : le conjoint, les enfants, les parents, les frères et sœurs, les grands-parents… peuvent également prétendre à une indemnisation notamment en cas de décès de la victime.

Comment saisir le FGTI ?

  • Cas d’une victime blessée :

La demande d’indemnisation

La victime blessée à la suite d’un acte de terrorisme peut déposer une demande d’indemnisation en ligne.

La demande peut également se faire par écrit.

La victime doit remplir le formulaire de demande d’indemnisation pour les actes de terrorisme et l’envoyer par lettre recommandée avec avis de réception au FGTI : 64 rue Defrance, 94682 Vincennes cedex.

La demande doit être chiffrée et accompagnée de tous les justificatifs permettant d’établir :

  • l’origine du préjudice (avec le procès verbal de police)
  • l’importance du préjudice (avec le certificat médical initial, les compte rendus d’hospitalisation, compte-rendu opératoire, les éventuelles factures) et les éventuels remboursements obtenus par ailleurs (avec la sécurité sociale et la mutuelle).

La victime doit également justifier de son état civil.

Les délais pour saisir le FGTI :

Une victime blessée à la suite d’un acte de terrorisme peut adresser sa demande au FGTI jusqu’à 10 ans après la date de consolidation de ses blessures.

Le traitement du dossier :

Pour pouvoir traiter rapidement le dossier, le FGTI peut demander la communication des renseignements dont il dispose à tout service public ou privé susceptible de participer à la réparation du préjudice.

Les services concernés ne peuvent pas invoquer le respect du secret professionnel pour refuser de communiquer les informations au FGTI.

Si la victime est vivante, le FGTI doit néanmoins l’informer et solliciter son accord lorsqu’il demande la communication d’informations qui pourraient porter sur sa personne ou sur sa situation.

Ces renseignements ne peuvent être utilisés que pour l’instruction du dossier d’indemnisation.

Les personnes qui ont à connaître des documents et informations fournis au FGTI sont tenues au secret professionnel.

L’expertise médicale

En vue de l’indemnisation, le fonds de garantie ordonne des expertises médicales afin d’établir les préjudices qui ont été subis par les victimes.

Il est indispensable que la victime se fasse assister lors de cette expertise d’un médecin de recours spécialisé en réparation du préjudice corporel.

La proposition d’indemnisation

Au plus tard 1 mois après avoir reçu la demande, le FGTI verse une première provision au demandeur, si les conditions d’indemnisation sont remplies.

Puis, dans un délai de 3 mois après avoir reçu la demande, le FGTI établit, par écrit, une offre d’indemnisation.

Le demandeur peut l’accepter ou la refuser.

  • Cas d’une victime décédée

 Il est possible pour les ayants droit de la victime décédée de déposer une demande d’indemnisation dans le délai de 10 ans après la date du décès.

La demande doit être chiffrée et accompagnée de tous justificatifs utiles établissant :

  • l’origine du préjudice (procès verbal de police, tribunal saisi),
  • l’importance du préjudice (certificat médical, factures),
  • les remboursements obtenus par ailleurs (sécurité sociale et mutuelle).

Le demandeur doit également justifier de son identité et de son lien de parenté avec la victime.

La demande peut se faire en ligne.

La demande peut également s’effectuer par écrit.

Le demandeur doit remplir le formulaire « demande d’indemnisation d’acte de terrorisme » et l’envoyer par lettre recommandée avec avis de réception au FGTI.

La saisine du médiateur du FGTI

Toute victime d’acte de terrorisme peut s’adresser au Médiateur du FGTI si elle estime que ses droits n’ont pas été respectés.

Le Médiateur n’est pas compétent pour se prononcer sur le montant de l’indemnisation, mais uniquement sur la procédure de traitement de la demande par le FGTI.

La saisine du médiateur s’effectue via un formulaire qui doit être envoyé par :

  • courrier électronique
  • ou lettre recommandée avec AR.

Attention : Le Médiateur doit rendre un avis dans les 2 mois de sa saisine.

Cet avis n’est pas contraignant pour le FGTI.

La procédure devant le Juge d’indemnisation des victimes d’attentats terroristes (JIVAT)

Dans l’hypothèse où la victime ne serait pas satisfaite de l’offre d’indemnisation du FGTI, elle pourrait saisir le Juge d’indemnisation des victimes d’attentats terroristes (JIVAT) qui a été crée par la loi du 23 mars 2019 et qui a compétence exclusive pour apprécier les demandes en réparation de préjudice corporel des victimes d’actes de terrorisme.

Désormais, les juridictions pénales sont incompétentes pour se prononcer sur les demandes sur intérêts civils lorsque les faits sont de nature terroriste.

Le JIVAT auprès du Tribunal judiciaire de Paris est seul compétent pour tous les contentieux en lien avec l’indemnisation des victimes d’actes de terrorisme.

Ainsi, il a à se prononcer d’une part, sur toutes les demandes en contestation d’indemnisation de victimes insatisfaites des offres d’indemnisations qui lui ont été faites par le FGTI.

D’autre part, sur toutes les demandes de personnes qui s’estiment victimes d’actes de terrorisme et qui se voient opposer un refus d’indemnisation par le FGTI.

Les victimes peuvent ainsi saisir ce juge pour obtenir la désignation d’un expert médical et le versement d’une provision ou la liquidation de leurs préjudices.

La reconnaissance du statut de victimes de guerre et de pupille de la nation

 Les victimes d’un acte de terrorisme peuvent bénéficier du statut de victime civile de guerre.

Les droits et avantages qui en découlent sont contenus dans le code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre. Vous pourrez ainsi bénéficier des droits sociaux attachés à ce statut comme la gratuité des soins et des appareillages, des emplois réservés, une carte d’invalidité voire, dans certaines conditions, une pension spécifique.

Pour obtenir ce statut, vous devez adresser votre demande par courrier à la direction interdépartementale des anciens combattants (DIAC) de votre domicile.

Cette direction dépend de la direction des statuts, des pensions et de la réinsertion sociale du ministère de la défense.

Si la qualité de victime de guerre vous est reconnue, vous relevez alors de l’Office National des Anciens Combattants (ONAC) et pouvez bénéficier de l’action sociale et de l’assistance administrative mise en œuvre par les 100 services départementaux de l’ONAC.

Cette institution délivre notamment une carte d’invalidité en fonction du handicap.

Les enfants devenus orphelins à la suite d’attentats terroristes peuvent, dans certaines conditions, être admis au statut de pupille de la nation.

Il vous appartient alors, de saisir le Tribunal Judiciaire de votre domicile pour solliciter l’adoption par la Nation.

Les bons réflexes à avoir à la suite d’un accident

  1. Conservez et réunissez tous les documents en lien avec votre accident. (Pièces médicales : certificats médicaux, ordonnances, compte rendu d’examens, compte rendu opératoire, d’hospitalisation, tous les justificatifs des frais restés à votre charge : factures, les arrêts de travail, les relevés d’indemnités journalières.
  2. Prenez des photos de vos blessures.
  3. Déclarer votre accident auprès de toutes vos assurances
  4. Ne signez aucun document émanant d’une compagnie d’assurance sans avoir pris préalablement conseil auprès d’une association d’aide aux victimes ou d’un avocat compétent.
  5. Ne jamais vous présenter seul à l’expertise médicale. Faites vous toujours assister d’un médecin de recours spécialisé en réparation du préjudice corporel.
  6. N’acceptez jamais une offre d’indemnisation sans avoir préalablement pris conseil auprès d’une association de victimes ou d’un avocat spécialisé.

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